Note : Par souci de lisibilité, la critique sera divisée en trois billets, histoire d’éviter un billet interminable comme un certain article sur la mythologie scandinave difficilement lisible d’une traite…
Les critiques d’OST, c’est mon petit plaisir égoïste, le truc qui m’emplira toujours de plein de choses même si personne ne les lit. Je ne vais pas vous (me ?) refaire le paragraphe un peu pathos sur l’importance de la musique dans une œuvre, mais voilà, pour moi c’est indissociable, et tous mes grands souvenirs sont plus ou moins liés à un thème particulier. Tenkū no Escaflowne (qui se traduit littéralement par “Escaflowne du Ciel” et non “Vision d’Escaflowne”, comme on pourrait le penser puisque c’est le titre qu’a massivement adopté la série à l’étranger), c’est une des œuvres qui m’ont fait découvrir l’animation japonaise. Et même si mes souvenirs relatifs à la série sont un peu vagues (il faut que je me la refasse un de ces jours), les musiques sont restées gravées dans ma mémoire.
A l’époque de ma fin d’enfance, la découverte de la série m’a fait un drôle d’effet. Alors que je ne connaissais que des mangas édulcorés et pas vraiment sérieux à la sauce Club Dorothée (DBZ et Saint Seiya, ça a jamais vraiment été mon truc), j’ai découvert un visuel très sombre, des personnages torturés, un univers partagé entre monde moderne et fantastique, et puis surtout l’ambiance, qui tenait vraiment du jamais vu pour moi. Je me souviens encore de la première scène que j’ai vu, celle où Van combat un dragon pour la première fois, avec la musique épique et le flot d’émotions qui va avec. Sans doute l’une de mes scènes les plus marquantes de l’animation japonaise, pas pour sa qualité mais plutôt pour la manière dont je l’ai ressentie à l’époque. Ce ton résolument sombre, cette douleur omniprésente, la violence inhabituelle, la petite Hitomi qui plonge dans cette intrigue et à qui je me suis tout de suite identifié, c’était beau, vraiment beau, marquant même. Je cherche dans les séries modernes cette lueur qui m’a traversé en regardant cette scène et qui m’a scotché devant mon écran, le sentiment de découvrir quelque chose de nouveau et d’énormissime, quelque chose qui me marquerait à vie. Je dois sans aucun doute à Tenkū no Escaflowne mon statut d’otaque partiel, comme je dois à des jeux comme Zone of the Enders ou Xenosaga mon autre moitié gamer. Tout d’un coup, j’avais été bouleversé d’émotion et d’inspiration, un sentiment qui a déterminé pas mal de choses en moi à l’époque. Je vais peut-être arrêter là les penchants emo et les atermoiements, mais bon voilà, j’ai quand même une petite larmichette à l’œil.

From The Rampage of Suzumiya Haruhi by isteb-isteb
La bande originale de Tenkū no Escaflowne, ça représente donc pour moi toute cette émotion de la découverte de la série, plus encore que la série en elle-même. C’est un peu à l’image de tout ce que j’aimerais trouver, et que j’ai parfois largement entraperçu, dans une série animée, et ça me rappelle toutes ces œuvres marquantes à la fois. Les années passant, j’avais un peu mis tout ça de côté, et c’est avec beaucoup de nostalgie que j’ai réécouté ces musiques très récemment. Cette critique relativement subjective est surtout un hommage à ces moments qui m’évoquent énormément de choses, et une occasion de faire découvrir ce qui m’a tant marqué à d’éventuels lecteurs invisibles qui cliqueraient sur les liens d’écoute par simple curiosité. La curiosité, c’est extraordinaire, ça permet de faire tout un tas de découvertes sans avoir la moindre attente, et c’est là qu’on a les meilleurs surprises. Tous mes grands moments d’animation sont issus d’un simple élan de curiosité, de la découverte progressive des multiples facettes d’Haruhi Suzumiya à l’enfance solitaire tragique de l’héroïne d’Elfen Lied. Alors peu importe si personne ne réagit à ces critiques, même si une seule personne clique par simple curiosité et découvre quelque chose qui peut se rapprocher de ces bouleversements, ça me satisfait. C’est ça, la signification du titre du blog “Forêt Primordiale”, ni plus ni moins. J’ai du mal à comprendre la mode qui voudrait qu’on doive forcément se “lasser” de l’animation nipponne au delà d’un certain temps, ou passé un certain âge. Pour moi, c’est un plaisir de tous les instants, et quelque soit la qualité moyenne d’une saison, j’arrive toujours à trouver mon bonheur quelque part (et puis dans le cas où il n’y aurait absolument rien, y’a toujours une foule de choses à découvrir dans les productions plus anciennes). Conclusion : c’est pas l’animation japonaise qui se dégrade, mais les gens qui se lassent toujours de tout en répétant la tirade “c’était mieux avant”. Et c’est ça qui est triste.
J’aurais dû vous prévenir, l’intro est quelque peu déprimante, mais le malheur alimente les rêves les plus fous, non ?
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Voir sur CDJapan
Source : Série animée (1996)
Editeur : Victor Intertainment
Compositeur(s) : Yoko Kanno, Hajime Mizoguchi
Répartition : 3x1 Disque, 48 pistes
Durée totale : 2 heures 43 min 3 sec
Date de première édition : 22/05/1996
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